Changer de nom de famille aux Pays-Bas : motifs et procédure

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Aux Pays-Bas, il est possible de changer de nom de famille (geslachtsnaam) uniquement pour l'un des motifs prévus par décret gouvernemental, et la procédure se déroule via Justis, et non devant un tribunal. La simple préférence ne suffit pas, et le divorce n'est pas un motif valable : dans ces cas, la solution réside généralement dans le nom que vous utilisez, et non dans un changement de nom officiel.

En vertu de l'article 1:7 du Code civil néerlandais (BW), le Roi peut modifier le nom de famille d'une personne à sa demande ou à celle de son représentant légal. Justis, l'autorité de contrôle du ministère de la Justice et de la Sécurité, examine la demande. Si Justis l'approuve, le changement prend effet par décret royal (Koninklijk Besluit). Les motifs sont énumérés dans le décret relatif au changement de nom de famille (Besluit geslachtsnaamswijziging) et sont plus restrictifs que ce que la plupart des demandeurs imaginent.

Pour quels motifs peut-on changer de nom de famille ?

Votre demande doit correspondre à l'un des motifs prévus par le décret. Les motifs généraux énoncés à l'article 1 du décret concernent un nom manifestement indécent ou ridicule, un nom si commun qu'il ne vous distingue pas suffisamment, ainsi que quelques cas particuliers liés à l'orthographe et à l'origine.

Les motifs généraux sont les suivants :

  • ce nom est manifestement indécent ou ridicule, pris isolément ou en lien avec votre profession, votre position sociale ou votre situation personnelle ;
  • Ce nom est tellement commun qu'il n'a plus grand-chose de distinctif ;
  • le nom n'est pas néerlandais et vous avez acquis la nationalité néerlandaise par naturalisation ou une procédure similaire ;
  • Le nom était mal orthographié par le passé et vous utilisez l'orthographe correcte depuis ;
  • Votre famille portait auparavant un nom frison, ou un nom frison a été enregistré sous forme de transcription néerlandaise.

Lorsqu'une modification est accordée pour l'un de ces motifs, le décret privilégie un ajustement mineur, comme le changement de quelques lettres ou l'ajout d'un préfixe ou d'un suffixe. Ce n'est qu'en dernier recours qu'un autre nom de famille est choisi, par exemple celui d'un parent.

Justis traite également d'autres types de demandes, notamment les changements de nom pour les descendants de personnes réduites en esclavage et ceux motivés par une détresse psychologique grave liée au nom de famille. Dans ce dernier cas, le décret exige de démontrer que le maintien du nom nuirait gravement à la santé physique ou mentale. Concrètement, cela implique de fournir des justificatifs, tels qu'une attestation d'un professionnel.

Peut-on donner à un enfant le nom de famille du parent qui l'élève ?

Oui, dans de nombreux cas. Le décret prévoit un motif spécifique pour les mineurs élevés et pris en charge de manière continue par un parent qui ne transmet pas son nom, par le conjoint de ce parent ou par des parents d'accueil. La durée requise est d'au moins trois ans, ou d'au moins cinq ans si l'enfant a moins de 12 ans.

La demande doit être déposée conjointement par le représentant légal de l'enfant et la personne dont le nom de famille doit être adopté. L'enfant âgé de 12 ans ou plus doit donner son accord pour ce changement. En cas de refus de l'autre parent, la demande est en principe rejetée. Toutefois, pour un enfant âgé de 12 ans ou plus, la demande peut aboutir s'il maintient son consentement.

Pour un enfant de moins de 12 ans, le refus de l'autre parent est déterminant, sauf dans deux cas. Le premier concerne la condamnation irrévocable de ce parent pour certaines infractions graves commises à l'encontre de l'enfant. Le second concerne la cohabitation familiale entre ce parent et l'enfant pendant moins d'un quart de la période précédant la période de garde requise. Le nom de famille de l'enfant ne peut être changé qu'une seule fois pour ce motif.

Le mariage ou le divorce modifie-t-il votre nom de famille ?

Non. Se marier aux Pays-Bas ne modifie pas votre nom de famille légal. Conformément à l'article 1:9 du Code civil néerlandais, vous obtenez le droit d'utiliser le nom de votre conjoint, seul ou combiné au vôtre. Vous pouvez faire enregistrer ce choix auprès de votre commune.

Après un divorce, vous pouvez en principe continuer à utiliser le nom de votre ex-conjoint. Le tribunal peut retirer ce droit à la demande de ce dernier, mais uniquement pour des motifs valables. Ainsi, si votre question porte simplement sur le nom qui figure sur votre courrier et dans les registres municipaux, il s'agit d'une démarche d'enregistrement auprès de la mairie, et non d'un changement de nom.

Comment fonctionne la procédure ?

Vous soumettez votre demande à Justis, accompagnée des pièces justificatives, et vous vous acquittez des frais. Justis contacte ensuite les personnes concernées par la décision, comme l'autre parent de votre enfant. Si votre demande est approuvée, votre nom change par décret royal.

Selon Justis, les frais s'élèvent à 835 € pour un adulte ou pour un ou deux enfants de moins de 18 ans, et à 1 670 € pour trois enfants ou plus. Ces frais sont toujours dus, même en cas de refus ou de retrait de la demande. Justis indique qu'une décision est généralement rendue sous 20 semaines. Si l'autre parent est impliqué et s'y oppose, la procédure peut être plus longue.

Que faire si votre demande est refusée ?

Vous pouvez former un recours (bezwaar) dans un délai de six semaines à compter de la décision. Si votre recours est rejeté, vous pouvez faire appel devant le tribunal administratif. Le recours est particulièrement utile lorsque vous pouvez apporter des éléments de preuve supplémentaires ou démontrer que votre situation correspond à l'un des motifs de contestation.

Le changement de prénom suit-il une procédure différente ?

Oui. Conformément à l'article 1:4 du Code civil bulgare (BW), le tribunal de district (rechtbank) statue sur le changement de prénom à la demande de la personne concernée ou de son représentant légal. Vous devez être représenté par un avocat pour cette requête, et le tribunal examine si votre intérêt est suffisamment sérieux. Consultez notre article sur le changement de prénom.

En résumé

  • Le changement de nom de famille est décidé par décret royal après une évaluation par un juge, et non par un tribunal.
  • Votre demande doit correspondre à un motif prévu par le décret sur le changement de nom de famille ; la simple préférence ne suffit pas.
  • Pour un enfant, un changement de nom du parent qui l'élève nécessite trois ans de prise en charge, ou cinq ans avant l'âge de 12 ans, et généralement le consentement de l'autre parent.
  • Le mariage et le divorce n'affectent que le nom que vous utilisez, celui que vous enregistrez auprès de la mairie.
  • Les frais s'élèvent à 835 € (1 670 € pour trois enfants ou plus), et la décision prend généralement jusqu'à 20 semaines.

Foire aux questions

Puis-je changer le nom de famille de mon enfant pour le mien après une séparation ?

Il est possible, pour des raisons de prise en charge, que la demande soit rejetée une fois que votre enfant a vécu avec vous pendant la période requise : trois ans, ou cinq ans s’il a moins de 12 ans. L’avis de l’autre parent est important. En cas de refus de sa part, la demande est en principe rejetée, sous réserve des exceptions prévues par le jugement.

Puis-je changer de nom de famille simplement parce que j'en préfère un autre ?

Non. Votre demande doit correspondre à l'un des motifs prévus par le décret, ou vous devez démontrer que le maintien de ce nom nuirait gravement à votre santé.

Les frais me seront-ils remboursés si ma demande est refusée ?

Non. Selon Justis, les frais de dossier sont toujours à payer, quel que soit le résultat.

Est-il plus facile de changer un prénom ?

Il s'agit d'une voie différente, et non pas plus facile : une requête auprès du tribunal par l'intermédiaire d'un avocat, fondée sur le critère d'un intérêt suffisamment important.

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Aylin Acar
Aylin Acar est avocate à Law & More in Eindhoven et AmsterdamElle travaille principalement en droit personnel et familial, et place les intérêts de ses clients au centre de chaque dossier.

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