Quand une société mère est-elle responsable des dettes de ses filiales ?
Lorsqu'une entreprise fait faillite et que ses créanciers se retrouvent sans ressources, une question cruciale se pose souvent : la société mère peut-elle être tenue responsable ? Cet article vous explique tout sur la responsabilité des entreprises et des groupes aux Pays-Bas. Nous détaillons clairement les cas où une société mère doit payer les dettes de ses filiales et les moyens de défense dont elle dispose.
Que vous soyez un créancier cherchant à obtenir réparation, un administrateur d'une société mère souhaitant limiter les risques ou un conseiller gérant des structures d'entreprise, ce guide complet vous fournit des outils pratiques et des informations juridiques actualisées.
Dans cet article, vous apprendrez :
- Quand les sociétés mères sont responsables des dettes de leurs filiales
- La différence entre la déclaration 403 et la responsabilité collective
- Défenses pratiques pour les entités corporatives
- Comment les créanciers peuvent maximiser leurs recours
- Cas actuel droit et les développements récents (2025)
- Délais de prescription et comment les interrompre
Temps de lecture : 15 minutes | Dernière mise à jour : décembre 2025
Qu’est-ce que la responsabilité des entreprises et des groupes ?
Avant d'entrer dans les détails, commençons par les bases. La responsabilité des entreprises et des groupes est un mécanisme juridique qui empêche les entreprises de se dissimuler derrière des structures complexes.
En bref:
- Responsabilité des entreprises Une société mère devient responsable des dettes de ses filiales.
- Responsabilité collective Plusieurs sociétés d'un même groupe sont solidairement responsables des dommages qu'elles causent collectivement.
Ces règles protègent les créanciers qui, autrement, se retrouveraient sans ressources en cas de faillite au sein des structures d'entreprise.
Base juridique : Quelles lois régissent cela ?
Le droit néerlandais prévoit deux voies importantes en matière de responsabilité au sein des structures d'entreprise. Toutes deux figurent dans le Code civil, mais fonctionnent de manière très différente.
Voie 1 : La déclaration 403 (article 2:403 du code civil néerlandais)
Il s'agit de la forme la plus connue de responsabilité des entreprises. Une société mère se déclare volontairement solidairement responsable des dettes de ses filiales.
Pourquoi un parent ferait-il cela ?
Il s'agit souvent d'une condition pour bénéficier de certains avantages comptables. La filiale peut alors publier des états financiers abrégés, ce qui est administrativement plus simple.
Résultat pour les créanciers :
Vous pouvez exercer un recours directement auprès de la société mère (généralement plus riche). Aucun problème avec les filiales fantômes : c’est la société mère qui paie.
Articles importants :
- Article 2:403 du Code civil néerlandaisLa déclaration 403 elle-même
- Article 2:404 du Code civil néerlandais: Lorsque cette responsabilité prend fin
- Articles 2:24a et 2:24b du Code civil néerlandaisDéfinitions de société mère, filiale et groupe
Voie 2 : Responsabilité collective (Article 6:166 du Code civil néerlandais)
Cette voie fonctionne différemment. Elle concerne ici des agissements illégaux commis conjointement par plusieurs entreprises.
Quand cela s'applique-t-il ?
Si des sociétés appartenant à un même groupe commettent un acte collectif causant un dommage, elles sont toutes solidairement responsables, même si chacune d'elles n'a pas contribué individuellement à ce dommage.
Etat:
Le risque de préjudice aurait dû les dissuader d'agir ainsi. Autrement dit : ils auraient pu et dû prévoir que leurs actions collectives entraîneraient des dommages.
Exemple pratique :
Supposons que trois entreprises d'un même groupe déversent ensemble des déchets chimiques. L'une se charge du transport, une autre fournit les conteneurs et la dernière donne l'ordre. Toutes trois peuvent être tenues responsables de la totalité des dommages environnementaux, même si chacune n'a contribué que de façon minime.
Que signifie « solidairement responsable » ?
Ce terme juridique est essentiel. Il signifie que le créancier peut tenir chacune des parties responsables pour responsable du montant total.
Avantage pour les créanciers : vous n’avez pas à recouvrer une part auprès de chaque entreprise. Vous choisissez simplement celle qui a les moyens financiers les plus importants.
Conséquences pour les entreprises : si une partie paie l’intégralité des dommages, cette partie peut demander aux autres parties responsables de payer leur part (c’est ce qu’on appelle le « recours »).
Jurisprudence importante : Quand votre responsabilité est-elle engagée ?
La loi définit le cadre, mais ce sont les tribunaux qui déterminent son application concrète. Ces jugements sont essentiels pour comprendre quand la responsabilité est engagée.
L’arrêt Comsys : « Quand un parent doit-il intervenir ? »
Qu'est-il arrivé?
Une filiale a fait faillite. Les créanciers se sont demandés : la société mère n'aurait-elle pas dû intervenir ?
Quelle décision a rendue la Cour suprême ? (ECLI:NL:HR:2009:BH4033)
Une société mère n'a une obligation de diligence envers les créanciers de sa filiale que dans des circonstances particulières. Par exemple, lorsque :
✓ La société mère participe activement à la politique de sa filiale
✓ Le parent permet sciemment que des risques surviennent pour les créanciers
✓ Le parent induit les créanciers en erreur sur sa situation financière
Signification pratique :
Une société mère n'est pas toujours tenue d'intervenir en cas de difficultés au sein de sa filiale. Toutefois, celles qui laissent sciemment des risques s'accumuler ou induisent les créanciers en erreur peuvent être tenues responsables, même sans déclaration de sinistre au titre de l'article 403.
Responsabilité collective : « Agir ensemble = Payer ensemble »
Jugement récent 2025 (ECLI:NL:HR:2025:1055)
La Cour suprême a confirmé que si des sociétés appartenant à un même groupe causent un dommage collectivement, elles sont toutes solidairement responsables, même si chacune d'elles n'en est pas la cause directe.
La règle:
Il s'agit du conduite collective et la prévisibilité de dommages. Auraient-ils dû comprendre que leurs actions collectives entraîneraient des dommages ? Dans ce cas, ils sont tous responsables.
Questions de suivi importantes :
- Chaque entreprise a-t-elle dû contribuer de manière égale ? Non
- Chaque entreprise doit-elle avoir directement causé les dommages ? Non
- Chaque entreprise devait-elle être impliquée dans la décision ? Non
Ce qui est requis : chaque entreprise doit avoir apporté une contribution significative à la conduite du groupe qui a entraîné le préjudice.
Développement juridique ultérieur
Les arrêts ECLI:NL:HR:2015:837 et ECLI:NL:HR:2018:1899 ont précisé les limites de cette compétence. Le point commun : l’attribution est essentielle.
La responsabilité n'est engagée que si le comportement ayant causé le dommage peut être effectivement imputé à l'entreprise. L'appartenance à un groupe ne suffit pas.
Dans quels cas une société mère n'est-elle PAS responsable ?
Voici peut-être la question la plus importante pour les sociétés mères : dans quelles circonstances n’est-on pas tenu de payer les dettes ou les erreurs de sa filiale ?
Les trois règles principales
1. Absence de leadership réel = absence de responsabilité
Si une société mère n'a pas exercé de leadership effectif sur les agissements ayant entraîné le dommage, elle n'est pas responsable.
Exemple pratique :
Une filiale déverse illégalement des déchets. La société mère n'a pas participé à cette décision et n'en avait pas connaissance. Elle n'est donc pas responsable, sauf si elle aurait dû intervenir (voir l'arrêt Comsys).
2. Absence de contribution consciente = Absence de responsabilité
Le parent doit avoir consciemment contribué à la conduite à risque. « Ignorer » peut constituer un moyen de défense, mais attention : si vous auriez dû savoir, votre responsabilité peut tout de même être engagée.
3. Absence d'influence décisive = Absence de responsabilité
Particulièrement pertinent en droit européen de la concurrence : une société mère n’est responsable que si elle a exercé une influence décisive sur la conduite de sa filiale.
Charge de la preuve : Il incombe au parent de démontrer qu’il n’a exercé aucune influence. Cela peut être démontré en prouvant que :
- La filiale fonctionnait de manière indépendante
- Les décisions ont été prises à l'insu des parents.
- Il n'y a eu aucune interférence avec la politique quotidienne
Que signifie le terme « attribution » ?
Ce terme juridique est au cœur de la limitation de responsabilité. L'article 6:166 du Code civil néerlandais dispose que :
- La conduite dommageable peut être attribué au parent
- Le risque de dommages aurait dû dissuader le parent de ce comportement
Traduction pratique :
- Le parent a-t-il influencé la décision ? → Oui = attribution
- Le parent aurait-il pu prévoir les dégâts ? → Oui = aurait dû dissuader
- Le parent n'a-t-il joué aucun rôle ? → Non = aucune attribution = aucune responsabilité
Droit européen de la concurrence : règles spéciales
En cas d’entente illicite, des règles supplémentaires s’appliquent ( ECLI:NL:HR:2023:965 ) :
Présomption d'influence :
Si une société mère détient 100 % des actions, elle est présumée exercer une influence décisive.
Réfutation de cette présomption :
Cela peut se faire en démontrant que la filiale a en réalité fonctionné de manière indépendante. Il est alors crucial d'en apporter la preuve :
- Équipes de direction distinctes
- Prise de décision indépendante
- Aucune ingérence parentale dans la stratégie
- Approche de marché propre
Évolution récente : Tests plus stricts (2020-2025)
Dans l’ affaire ECLI:NL:HR:2020:1726 , la Cour suprême a souligné que l’attribution est la limite absolue.
Qu'est-ce que cela signifie en pratique?
Les tribunaux examinent désormais plus attentivement l'implication réelle. Les relations formelles (comme la détention d'actions) ne suffisent plus. Il doit y avoir eu une influence réelle sur le comportement ayant causé le préjudice.
Bonne nouvelle pour les sociétés mères : si vous pouvez démontrer que vous n’étiez pas impliqué, votre position n’en sera que plus forte.
Défenses des sociétés individuelles du groupe : « Je n’ai rien fait ! »
Une entreprise appartenant à un groupe se trouve souvent dans une situation délicate. Vous faites partie d'un groupe, un dommage résulte d'une action collective, mais vous n'y avez pas participé directement. Êtes-vous pour autant responsable ?
La défense la plus importante : « Aucune contribution pertinente »
La règle issue de l'arrêt TVM (ECLI:NL:HR:2015:2914) :
Vous n'êtes responsable que si vous avez commis une faute grave. contribution pertinente au comportement qui a entraîné le dommage.
Qu'est-ce qui ne suffit PAS à engager la responsabilité ?
❌ Le simple fait d'être membre du groupe
❌ Recevoir de l'argent d'autres membres du groupe
❌ Être présent aux réunions
❌ Tirer profit ultérieurement de cette conduite
Qu’est-ce qui est requis en matière de responsabilité ?
✓ Participer effectivement à une conduite qui a accru le risque de dommage
✓ Savoir ou avoir dû comprendre que ce risque existait
✓ Jouer un rôle actif dans le processus à l'origine des dommages
Exemple pratique tiré de la jurisprudence (2025)
Cas : Trois sociétés d’un même groupe sont accusées de responsabilité collective. La société A a pris les décisions, la société B les a exécutées, la société C n’a fait que percevoir les fonds.
Jugement (ECLI:NL:PHR:2025:659) :
- Société A : responsable (décisions prises)
- Société B : responsable (exécuté)
- Société C : pas fiable (Le simple fait de recevoir de l'argent ne constitue pas une contribution pertinente.)
Comment renforcer cette défense ?
Étape 1 : Affirmer et prouver
Il ne suffit pas de dire « Je n'ai rien fait ». Vous devez fournir des faits concrets :
- Procès-verbal prouvant votre absence d'implication
- Courriels démontrant que vous n'avez pas été informé
- Des organigrammes prouvant que vous n'aviez aucune autorité
- Déclarations des témoins impliqués
Étape 2 : Réfuter l’hypothèse d’implication
Si vous faites partie d'un groupe, les tribunaux présument facilement de votre implication. Réfutez cette présomption en apportant des preuves :
- Prise de décision séparée
- Structure de gestion propre
- Aucune connaissance des activités
- Aucun avantage tiré de cette conduite (à l'exception des dividendes normaux)
Étape 3 : Démontrer que vous ne pouviez pas connaître le risque
Même si vous avez fait quelque chose, vous n'êtes responsable que si vous connaissiez ou auriez dû connaître le risque.
Exemple :
Vous vendez des produits à une société sœur. Vous ignoriez que cette société sœur utilisait ces produits à des fins illégales. Vous pouvez alors démontrer que vous n'aviez aucune raison de le soupçonner.
Charge de la preuve : qui doit prouver quoi ?
Étape 1 – Créancier :
Il faut exposer les faits susceptibles d'engager la responsabilité du groupe.
Étape 2 – Votre entreprise :
Il faut rendre plausible que vous n'ayez apporté aucune contribution pertinente.
Remarque : « Rendre plausible » est moins exigeant que « prouver de manière concluante ». Vous n’avez pas besoin d’être certain à 100 %, mais vous devez démontrer de façon convaincante que vous n’étiez pas impliqué.
Guide à l'intention des créanciers : Quelle voie choisir ?
En tant que créancier au sein d'une structure d'entreprise, vous avez un choix important à faire : opter pour la déclaration 403 (article 2:403 du Code civil néerlandais) ou pour la responsabilité solidaire (article 6:166 du Code civil néerlandais) ? Et pouvez-vous utiliser les deux voies simultanément ?
Bonne nouvelle : vous pouvez choisir (et combiner !)
Confirmé par la jurisprudence (ECLI:NL:PHR:2025:1328) :
- Vous êtes : autorisé emprunter les deux itinéraires
- Vous êtes : pas obligé choisir
- Vous pouvez emprunter les deux itinéraires. côte à côte
- Vous pouvez essayer les deux itinéraires. l'un après l'autre
Route 1 : La déclaration 403
Quand choisissez-vous cet itinéraire ?
✓ Une déclaration 403 a été émise
✓ Vous souhaitez vous adresser directement à la société mère
✓ Vous ne souhaitez pas fournir de preuve d'implication
✓ Vous recherchez le parti le plus riche
Avantages :
- Responsabilité directe de la part du parent – aucune discussion sur l'implication
- Base claire – le parent s'est rendu responsable
- Recours du parti le plus riche – les sociétés mères sont souvent plus riches
- Preuve plus simple – il vous suffit de présenter la déclaration 403 et la dette
Inconvénients :
- Possible uniquement s'il y a une déclaration 403
- La déclaration a peut-être été retirée (surveillez la période de transition, article 2:404 du Code civil néerlandais).
- Limité aux parties couvertes par la déclaration
Voie 2 : Responsabilité du groupe
Quand choisissez-vous cet itinéraire ?
✓ Aucune déclaration 403
✓ Plusieurs entreprises ont été impliquées dans les dégâts
✓ Il y a conduite illégale
✓ Vous souhaitez responsabiliser toutes les parties impliquées
Avantages :
- Cercle plus large des parties responsables
- Aucune déclaration 403 requise – travaille toujours en collaboration avec le groupe
- Toutes les parties impliquées sont responsables – même si l'une des parties est ruinée
- Responsabilité conjointe et solidaire – chacun pour le tout
Inconvénients :
- Vous devez prouver qu'il y a eu conduite de groupe
- Vous devez démontrer que le dommage était prévisible.
- Les entreprises peuvent se défendre (aucune contribution pertinente)
- Plus de litiges et de discussions
La stratégie intelligente : combiner
Pourquoi pas les deux?
Vous pouvez emprunter les deux voies simultanément. Cela augmente considérablement vos chances.
Approche pratique :
Étape 1 : Vérifier s'il existe une déclaration 403
- Vérifiez les états financiers de la filiale
- Consultez le registre du commerce
- Demandez directement au groupe.
Étape 2 : Recenser toutes les sociétés du groupe impliquées
- Qui a décidé ?
- Qui a exécuté le massacre ?
- Qui en a profité ?
Étape 3 : Sélection des invocations pour les deux bases
- Responsabilité principale : 403 de la société mère
- À titre subsidiaire : responsabilité collective de toutes les parties impliquées
- Plus subsidiairement : responsabilité directe par entreprise
Limitation importante :
Vous ne pouvez recevoir plus que l'intégralité des dommages et intérêts. Si une partie paie, les autres sont libérées de leurs obligations (article 6:7 du Code civil néerlandais).
Tableau comparatif : Quel itinéraire vous convient le mieux ?
| Aspect | 403 Déclaration | Responsabilité collective |
|---|---|---|
| Exigence | déclaration 403 présente | Comportement du groupe + dommages |
| Charge de la preuve | Faible (déclaration + dette uniquement) | Supérieur (conduite + prévisibilité) |
| Parties responsables | Société mère et filiales sous déclaration | Tous les membres du groupe impliqués |
| Des défenses possibles ? | Édition | Oui (aucune contribution pertinente) |
| vitesse de la procédure | Généralement plus rapide | Souvent plus complexe |
| Taux de réussite | Haut (avec déclaration valide) | Selon les preuves |
Exemple pratique : Comment choisir ?
Situation:
Vous êtes fournisseur. Une filiale ne vous a pas payé et est en faillite. La société mère a déposé une déclaration de liquidation (article 403). Vous soupçonnez trois sociétés du groupe d'avoir délibérément conspiré pour vous nuire.
Approche intelligente :
- Allégation principale : Responsabilité en vertu de l'article 403 contre le parent (voie la plus simple)
- revendication subsidiaire : Responsabilité collective contre les trois sociétés impliquées (en cas d'échec de la procédure 403)
- Autre revendication subsidiaire : Responsabilité directe par entreprise
Résultat : Vous maximisez vos chances et gardez toutes les options ouvertes.
Délais de prescription : N'attendez pas trop longtemps !
L'une des erreurs les plus fréquentes des créanciers est d'attendre trop longtemps. Les délais de prescription en matière de responsabilité des entreprises peuvent être complexes.
Règle de base : cinq ans
Pour les deux voies (articles 2:403 et 6:166 du Code civil néerlandais), le délai de prescription principal est :
Cinq ans après que vous ayez eu connaissance de :
- Les dégâts
- La personne responsable
Durée maximale : vingt ans après l’événement ayant causé le dommage (article 3:310 du Code civil néerlandais).
Le point délicat : les différentes périodes de limitation
Important : Chaque fondement juridique a son propre délai de prescription. Cela signifie :
- Le délai de prescription de la déclaration 403 peut expirer alors que le délai de prescription de la responsabilité du groupe est toujours en cours.
- Vous devez interrompre la limitation séparément pour chaque itinéraire.
- Vous devez interrompre la prescription séparément pour chaque partie responsable.
Exemple pratique :
Vous avez constaté les dégâts le 1er janvier 2020. Vous avez eu connaissance de la déclaration 403 immédiatement, mais vous n'avez découvert quelles autres sociétés du groupe étaient impliquées que le 1er janvier 2021.
Résultat:
- Délai de prescription pour une réclamation au titre de l'article 403 : 1er janvier 2025
- Délai de prescription pour une réclamation en responsabilité collective : 1er janvier 2026
Comment interrompre la limitation ?
La règle d'or : Envoyer un avis écrit à chaque partie responsable séparément.
Que doit contenir cet avis ?
✓ Description claire des dommages
✓ Montant de la réclamation
✓ Indication de la partie responsable
✓ Réserve de droits explicite
✓ Référence aux deux bases juridiques (articles 403 et 6:166 du Code civil néerlandais)
Important:
- Un courriel suffit (mais conservez une preuve !)
- Le courrier recommandé est plus sûr
- Une assignation interrompt également la prescription
- Assurez-vous que la notification parvienne à l'entité juridique appropriée.
Erreurs courantes
❌ Envoi uniquement à la société mère
Résultat : La limitation à l'encontre des filiales n'est pas interrompue.
❌ Ne mentionner qu'un seul fondement juridique
Résultat : La limitation des autres fondements n'est pas interrompue.
❌ Formulation vague
Résultat : Le tribunal pourrait juger que l’interruption n’était pas suffisamment claire.
❌ Envoi trop tard
Résultat : Votre demande est prescrite.
Conseil pratique : Commencez un calendrier
Dès que des dommages surviennent :
- À noter immédiatement : Quand avez-vous constaté les dégâts ?
- Calculer: La limitation expire 5 ans plus tard
- Régler l'alarme : 6 mois avant l'expiration
- Acte: Envoyer un avis d'interruption à toutes les parties
- Renouveler: Répétez l'opération tous les 4 ans si vous n'avez pas encore entamé de procédure.
Retrait de la déclaration 403 : Attention !
Une société mère peut retirer une déclaration 403. Il est important de le savoir en tant que créancier.
Aucun effet rétroactif – mais attention à la date
Bonne nouvelle : le retrait n’a aucun effet rétroactif sur les dettes existantes.
La règle (article 2:404 du Code civil néerlandais) :
Le parent demeure responsable des dettes résultant d'actes légaux accomplis avant Le retrait est devenu effectif à votre encontre en tant que créancier.
Quand le retrait est-il effectif ?
Seulement après publication et notification officielles. D'ici là, vous pouvez toujours vous fier à la déclaration 403.
Que devez-vous faire en tant que créancier ?
Si vous entendez parler de sevrage :
- Agissez immédiatement : Envoyer un avis d'interruption
- Preuves sécurisées : Rassemblez tous les documents prouvant que la dette est née avant le retrait.
- Considérer: Entamer la procédure avant que le retrait ne devienne effectif
- Négocier: Il est possible de demander une garantie pour les créances existantes.
Réclamations futures
Pour les nouvelles transactions effectuées après le retrait, la société mère n'est plus responsable. N'entreprenez de nouvelles affaires avec la filiale que si vous êtes certain de sa solvabilité.
Recours : Qui paie en interne ?
Une fois qu'une société du groupe a réglé l'intégralité des dommages, la question se pose : qui doit finalement supporter cette charge ?
La règle de base : les parts égales
Selon l'article 6:166 du Code civil néerlandais, les membres d'un groupe doivent contribuer de manière égale en interne, sauf si l'équité exige le contraire.
Exemple :
Trois sociétés sont solidairement responsables d'un préjudice de 300 000 €. La société A prend en charge l'intégralité des frais. La société A peut ensuite recouvrer :
- 100 000 € de la société B
- 100 000 € de la société C
Exception : Lorsque l'équité exige le contraire
Les tribunaux examinent :
- Qui a réellement causé les dégâts ?
- Qui en a le plus profité ?
- Quel était le rôle de chaque partie ?
- Qu'ont convenu les parties en interne ?
Exemple :
La société A a donné l'ordre, la société B l'a exécuté, la société C en a seulement eu connaissance. Le tribunal peut statuer :
- Société A : 60 % des dommages
- Compagnie B : 35 % des dommages
- Société C : 5 % des dommages
Accords contractuels
Bonne nouvelle pour les sociétés du groupe : vous pouvez conclure des accords internes concernant la répartition des responsabilités.
Exigences :
- Doit être par écrit
- Doit être clair et sans ambiguïté
- Peut ne pas être contraire à la raison et à l'équité
- Fonctionne uniquement en interne (pas contre les créanciers)
Conseil pratique:
Consignez ces accords dans :
- Pacte d'actionnaires
- contrats de services de gestion
- Documents de politique de groupe
Dépossession : peut-on encore perdre ses droits ?
Même si le délai de prescription n'a pas expiré, vous pouvez toujours perdre vos droits par déchéance.
Quand la confiscation intervient-elle ?
La règle stricte :
Le simple écoulement du temps est pas assezIl doit exister des circonstances supplémentaires pour lesquelles :
- La partie responsable avait acquis une attente légitime quant à votre décision de ne plus exercer votre droit.
- Il serait déraisonnable de continuer à autoriser l'exercice de ce droit
Confirmé par la jurisprudence (ECLI:NL:HR:2025:162)
Exemples pratiques
Confiscation acceptée :
- Vous avez écrit : « Je ne vous tiendrai pas responsable »
- Vous avez négocié pendant des années sans résultat et vous n'avez jamais envoyé de rappel.
- La partie responsable a manifestement pris des décisions commerciales en se basant sur votre inaction.
Confiscation rejetée :
- Vous avez simplement attendu quelques années.
- Vous étiez en négociations
- Vous exploriez les options de règlement
Comment éviter la confiscation ?
Simple:
- Envoyer des rappels réguliers
- Réservez expressément vos droits
- Ne faites pas de déclarations laissant entendre que vous ne réclamerez pas
- Maintenez les négociations actives
Implications pratiques pour toutes les parties
Pour les sociétés mères : Gestion des risques
Quels sont vos risques ?
⚠️ Responsabilité solidaire avec déclaration 403 pour toutes les dettes subsidiaires
⚠️ Obligation de diligence envers les créanciers subsidiaires dans des circonstances particulières
⚠️ Responsabilité liée à une participation active à des activités à risque
Comment limiter les risques ?
✓ Réfléchissez attentivement avant de délivrer la déclaration 403
✓ Documents toutes les prises de décision et l'implication
✓ Créer structures de gouvernance claires
✓ Sortir assurance adéquate
✓ Écran tactile les activités des filiales étroitement
✓ Intervenir en temps opportun avec les problèmes
Pour les filiales : Mesures de protection
Quels sont vos risques ?
⚠️ Responsabilité solidaire en cas de participation à un acte collectif causant des dommages
⚠️ Risque de recours envers d'autres sociétés du groupe
⚠️ Options de défense limitées en cas d'implication active
Comment vous protégez-vous?
✓ Documents votre propre rôle et votre implication
✓ Marque accords internes relatifs à la répartition des responsabilités
✓ Express réservations pour les activités de groupe à risque
✓ Communiquez en temps opportun concernant les objections
✓ Assurer contre les risques de responsabilité du groupe
Pour les créanciers : Recours maximal
Quelles sont vos options?
✓ Choix entre déclaration 403 et responsabilité collective
✓ Combinez les deux itinéraires
✓ Solliciter un recours auprès de la partie la plus riche
✓ Limitation des interruptions distincte pour chaque partie
Comment maximiser vos chances ?
✓ Enquêter immédiatement en cas de déclaration 403
✓ Identifier toutes les sociétés du groupe impliquées
✓ Collecter preuve de conduite de groupe
✓ Agis rapidement avec des avis d'interruption
✓ Soutien conseiller juridique spécialisé
✓ Négocier de manière stratégique avec plusieurs parties
Développements récents (2020-2025)
Renforcement des exigences
Les arrêts récents de la Cour suprême témoignent d'une approche de plus en plus critique :
Tendance : De simples relations formelles au sein d’un groupe ne suffisent plus. Il faut une implication réelle dans des actes préjudiciables.
Conséquence : Les sociétés mères sont en position de force si elles peuvent démontrer qu'elles n'étaient pas impliquées.
La protection des créanciers demeure
Parallèlement, les tribunaux continuent de protéger les créanciers contre les interprétations qui obscurcissent les possibilités de recours.
Tendance : La déclaration 403 demeure un instrument puissant. Les tribunaux l’interprètent de manière extensive en faveur des créanciers.
Clarification des règles de prescription
La jurisprudence a apporté plus de clarté sur :
- Délais de prescription indépendants selon le fondement juridique
- La nécessité d'une interruption ciblée agit sur une base et par partie
- Charge de la preuve pour le début du délai de prescription
Questions fréquemment posées
Une société mère peut-elle être tenue responsable sans déclaration 403 ?
Oui, par le biais de la doctrine Comsys (obligation de diligence) ou par le biais de la responsabilité collective (article 6:166 du Code civil néerlandais).
Puis-je, en tant que créancier, faire une réclamation à la fois auprès de la société mère et de sa filiale ?
Oui, en cas de responsabilité solidaire, vous pouvez réclamer l'intégralité du montant à chaque partie responsable.
Que se passe-t-il si la déclaration 403 est retirée ?
Vous restez protégé pour les dettes contractées avant la prise d'effet du retrait.
Combien de temps ai-je pour faire ma demande ?
Généralement cinq ans après la découverte du dommage et de la partie responsable, maximum vingt ans après l'événement.
Puis-je faire une réclamation auprès de toutes les sociétés du groupe ?
Uniquement de ceux qui ont apporté une contribution pertinente à la conduite collective ayant causé le préjudice.
Que se passe-t-il si une entreprise a déjà payé ?
Les autres sont alors libérés pour l'ensemble (article 6:7 du Code civil néerlandais), mais la partie qui a payé peut demander un recours.
Conclusion
La responsabilité des entreprises et des groupes constitue un domaine juridique complexe mais bien établi aux Pays-Bas. La législation offre aux créanciers d'importants recours via l'article 2:403 du Code civil néerlandais (déclaration 403) et l'article 6:166 du même code (responsabilité collective), tandis que les personnes morales peuvent se défendre si elles n'ont pas contribué de manière significative au dommage.
Principaux plats à emporter:
✓ Sociétés mères ne sont pas automatiquement responsables ; une implication réelle ou une déclaration 403 est requise.
✓ Sociétés du groupe peuvent se défendre en démontrant qu'ils n'ont apporté aucune contribution pertinente à la conduite du groupe
✓ Créanciers ont la liberté de choisir entre différentes bases et peuvent les combiner.
✓ Délais de prescription Exécution par base et par partie ; l'interruption dirigée est nécessaire
✓ Recours Les relations entre sociétés du groupe sont déterminées par des accords mutuels et des capitaux propres.
✓ Confiscation est acceptée de manière restrictive ; des circonstances particulières sont requises
Dernier conseil:
Pour toutes les parties concernées, le recours à un avocat spécialisé dans les structures d'entreprise complexes est fortement recommandé. La jurisprudence évolue constamment et l'issue de chaque affaire dépend de ses propres faits et circonstances.
N’attendez pas qu’il soit trop tard – que vous soyez un créancier cherchant à obtenir réparation ou une entreprise souhaitant limiter sa responsabilité, une action rapide et une documentation de qualité sont essentielles.
Dernière mise à jour : décembre 2025
Sources : Législation et jurisprudence néerlandaises 2009-2025, notamment ECLI:NL:HR:2009:BH4033 (Comsys), ECLI:NL:HR:2025:1055, ECLI:NL:HR:2023:965, ECLI:NL:HR:2015:2914 (TVM), ECLI:NL:PHR:2025:1328, et de nombreux autres jugements pertinents.



