Les nouvelles réglementations numériques de l'UE, la loi sur les services numériques (DSA) et la loi sur les marchés numériques (DMA) , vont profondément transformer l'environnement commercial en ligne. Pour toute entreprise opérant aux Pays-Bas ou dans l'UE, la maîtrise de ces règles n'est plus une simple bonne pratique, mais une nécessité.
La DSA vise à créer un monde en ligne plus sûr et plus transparent en réglementant la modération des contenus . De son côté, la DMA s'attaque aux pratiques anticoncurrentielles des grandes plateformes numériques, souvent qualifiées de « gardiens d'accès » , afin de garantir un marché plus équitable pour tous.
Comprendre le nouveau règlement numérique européen

L'Union européenne a adopté un ensemble de mesures législatives majeures qui vont profondément transformer le fonctionnement des entreprises en ligne. Il ne s'agit pas de simples ajustements, mais d'une véritable évolution de la gouvernance numérique. Pour tirer pleinement parti du numérique , il est essentiel de maîtriser les règles du jeu, et ces lois viennent de redéfinir ces règles.
Considérez la loi sur les services numériques (DSA) comme le nouveau code de la route exhaustif d'Internet. Ses règles s'appliquent à la quasi-totalité des services en ligne, de la petite boutique en ligne néerlandaise au réseau social mondial. L'accent est mis sur la manière dont ces plateformes gèrent les contenus illégaux, protègent leurs utilisateurs et fonctionnent avec une plus grande transparence.
À l'inverse, la loi sur les marchés numériques (DMA) fait office d'autorité de surveillance de la concurrence spécialisée, mais son action se concentre exclusivement sur les plus grands acteurs. Sa mission est d'empêcher les plateformes technologiques géantes d'abuser de leur position dominante pour exclure les concurrents plus petits et créer une concurrence déloyale.
Résoudre les principaux défis numériques
Alors pourquoi maintenant ? Ces deux lois ont été créées pour s'attaquer aux problèmes spécifiques et persistants qui caractérisent l'Internet moderne, des problèmes qui affectent les consommateurs et les entreprises au quotidien.
La DSA a été conçue pour répondre aux préoccupations croissantes en matière de sécurité et de transparence, telles que :
- La propagation incontrôlée de biens, de services et de contenus illégaux en ligne.
- Un manque de responsabilité claire lorsque les plateformes prennent des décisions en matière de modération de contenu.
- La nature de « boîte noire » des algorithmes qui décident de ce que nous voyons, sans aucune explication.
La DMA, quant à elle, vise à uniformiser les règles du jeu économique. Elle se concentre sur la correction des déséquilibres de pouvoir causés par des problèmes tels que :
- Plateformes de contrôle d'accès accordant un traitement préférentiel à leurs propres produits et services.
- Les entreprises se voient refuser l’accès aux données qu’elles contribuent à générer sur une grande plateforme.
- Les entreprises sont obligées d'utiliser les propres services d'un gardien, comme les magasins d'applications ou les systèmes de paiement, simplement pour atteindre leurs clients.
Un moyen rapide de comparer les deux est de les visualiser côte à côte.
Comparaison DSA et DMA en un coup d'œil
| Aspect | Loi sur les services numériques (DSA) | Loi sur les marchés numériques (DMA) |
|---|---|---|
| Mission principale | Créer un environnement en ligne plus sûr en réglementant le contenu illégal et en augmentant la transparence de la plateforme. | Assurer des marchés numériques équitables et contestables en empêchant les pratiques anticoncurrentielles des « gardiens ». |
| À qui s'adresse-t-il? | Tous les intermédiaires en ligne (par exemple, les FAI, les services d’hébergement, les marchés en ligne, les médias sociaux). | Une liste spécifique de grandes plateformes en ligne désignées comme « gardiens » par la Commission européenne. |
| Impact clé | Nécessite des processus clairs pour la suppression de contenu, les appels des utilisateurs et la transparence dans la publicité et les algorithmes. | Impose une liste de choses à faire et à ne pas faire aux gardiens, comme autoriser les logiciels tiers et l'accès équitable aux données. |
En fin de compte, ce nouveau cadre réglementaire impose un changement majeur dans la manière dont les activités numériques sont menées en Europe.
Le DSA pose les bases d’un espace en ligne sûr et responsable pour tous, tandis que le DMA garantit qu’au sein de cet espace, toutes les entreprises ont une chance équitable d’innovation et de croissance.
Pour les entreprises néerlandaises et celles qui desservent des clients de l'UE, ignorer ces lois est tout simplement impossible. Elles exigent des modifications proactives de vos conditions de service, de vos processus internes et même de votre technologie. La première étape consiste à comprendre l'objectif de chaque loi afin de pouvoir élaborer une stratégie conforme et résiliente pour l'avenir.
Respecter vos obligations en vertu de la loi sur les services numériques

La loi sur les services numériques n'est pas une mesure universelle. Elle fonctionne plutôt selon un système à plusieurs niveaux, modulant soigneusement ses exigences en fonction de la taille et du type de service en ligne. Imaginez-la comme les règles de sécurité routière : chaque conducteur doit respecter la limitation de vitesse, mais les poids lourds sont soumis à des réglementations supplémentaires concernant les heures de conduite et l'arrimage de leur chargement.
Cette approche par paliers garantit que les exigences de conformité sont proportionnées. Une petite boutique en ligne néerlandaise ne sera tout simplement pas soumise aux mêmes normes strictes qu'une immense plateforme de médias sociaux mondiale. La toute première étape pour respecter vos obligations au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA) consiste à déterminer précisément la place de votre entreprise dans ce cadre.
Le cadre classe les services en ligne en plusieurs catégories, chaque niveau ajoutant davantage de responsabilités.
Les règles fondamentales pour tous les intermédiaires
Tout en bas de la pyramide se trouvent les services intermédiaires . Ce vaste groupe englobe tout, des fournisseurs d'accès à Internet aux bureaux d'enregistrement de noms de domaine, en passant par d'autres services d'infrastructure réseau essentiels. Tous doivent respecter un ensemble de règles fondamentales, qui constituent le socle du DSA.
Les principales exigences pour ce groupe comprennent :
- Établir des points de contact : Vous devez mettre en place un point de contact unique et clair pour les autorités gouvernementales, la Commission européenne et vos utilisateurs. Ces coordonnées doivent être facilement accessibles.
- Mise à jour des conditions générales : Vos conditions d'utilisation doivent être transparentes quant à la gestion de la modération du contenu. Cela implique d'expliquer clairement vos procédures et les éventuelles restrictions que vous pourriez imposer aux informations générées par les utilisateurs.
- Rapports annuels de transparence : Tous les intermédiaires sont tenus de publier un rapport annuel détaillant leurs activités de modération de contenu. Pour les petites entreprises, ce document peut être relativement simple.
Ces obligations fondamentales instaurent une nouvelle norme de responsabilité pour chaque maillon de la chaîne d'approvisionnement numérique. Elles garantissent que même les services en ligne les plus essentiels s'inscrivent dans un système plus transparent et réactif. Il s'agit d'un changement majeur, d'autant plus que ces rôles peuvent parfois recouper les obligations en matière de protection des données, lesquelles sont distinctes des responsabilités décrites dans notre guide sur les rôles de responsable du traitement et de sous-traitant au titre du RGPD.
Renforcer les responsabilités en matière de services d'hébergement
Le niveau supérieur concerne les services d'hébergement , tels que les plateformes cloud et les fournisseurs d'hébergement web. Ces entreprises stockent des informations pour le compte de leurs utilisateurs. Outre les règles fondamentales, elles ont une mission supplémentaire très importante.
Ils doivent mettre en place un mécanisme de signalement et d'action . Ce système doit être simple et intuitif, permettant à chacun de signaler un contenu qu'il juge illégal. Dès réception d'un signalement, le service d'hébergement doit agir rapidement pour enquêter et, le cas échéant, supprimer le contenu ou en bloquer l'accès. Ce mécanisme est essentiel à l'objectif de la DSA, qui est de promouvoir un environnement en ligne plus sûr.
Obligations renforcées pour les plateformes en ligne
La situation se complique pour les plateformes en ligne . Cette catégorie très vaste englobe les places de marché en ligne, les boutiques d'applications et les réseaux sociaux. Ces plateformes ne se contentent pas de stocker du contenu ; elles le diffusent activement auprès du public.
Pour ces entreprises, la conformité entraîne plusieurs niveaux d’obligation supplémentaires :
- Système interne de traitement des plaintes : Ils doivent proposer aux utilisateurs un processus interne de recours contre les décisions de modération du contenu. Ce système doit être disponible pendant au moins six mois après la décision.
- Règlement extrajudiciaire des litiges : Les plateformes doivent également donner aux utilisateurs accès à des organismes certifiés pour régler les litiges à l’amiable.
- Priorité pour les « signaleurs de confiance » : Tout signalement soumis par des organisations ayant reçu le statut de « signaleur de confiance » auprès des autorités nationales doit être traité en priorité.
- Mesures contre les abus : Ils sont tenus de suspendre les utilisateurs qui publient de manière répétée des contenus illégaux ou qui déposent constamment des plaintes ou des avis sans fondement.
Ce renforcement des responsabilités témoigne de l'influence considérable de ces plateformes sur le débat public et le commerce. L'entrée en vigueur de ces règles a entraîné une forte hausse des attentes des consommateurs. Bien que la loi sur les services numériques soit officiellement applicable aux Pays-Bas depuis le 17 février 2024, une enquête menée en juin 2023 par l'Autorité néerlandaise de la consommation et des marchés (ACM) a révélé que 66 % des consommateurs néerlandais avaient déjà rencontré des problèmes que cette loi vise à résoudre. Leurs frustrations allaient de l'impossibilité de contacter les plateformes uniquement via des systèmes automatisés à un manque total de clarté quant au fonctionnement des algorithmes de classement.
Ces données révèlent un décalage flagrant entre les objectifs de la loi et la réalité vécue par les utilisateurs. Elles soulignent l'urgence pour les plateformes d'améliorer leurs efforts de mise en conformité, notamment en matière de communication avec les utilisateurs et de transparence algorithmique.
Enfin, les règles les plus contraignantes sont réservées aux géants d'Internet : les très grandes plateformes en ligne (VLOP) et les très grands moteurs de recherche en ligne (VLOSE) . Ces services, qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'UE, sont soumis à de nombreuses obligations, notamment des évaluations des risques obligatoires, des audits externes indépendants et la publication des données relatives aux algorithmes de leurs systèmes de recommandation.
Naviguer dans la loi sur les marchés numériques et ses gardiens

Alors que la loi sur les services numériques (Digital Services Act) a une portée très large, la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act - DMA) est une législation beaucoup plus ciblée. Elle ne vise pas toutes les entreprises possédant un site web ; elle s'attaque plutôt aux acteurs majeurs du monde numérique, les « gardiens du web ». Il s'agit des géants de la technologie dont les plateformes sont si profondément ancrées dans notre quotidien qu'ils contrôlent de fait le flux de trafic vers des millions d'autres entreprises et utilisateurs.
Voyez les choses ainsi : le propriétaire d'un immense centre commercial ne se contente pas de louer des boutiques. Il oblige également chaque magasin à utiliser son propre service de livraison, souvent coûteux, pour atteindre ses clients. La DMA vise précisément à mettre fin à ce type de comportement anticoncurrentiel. L'objectif est de garantir un marché équitable et ouvert, permettant aux petites entreprises de réussir grâce à leur mérite, et non à leur force de frappe.
Il est essentiel de bien comprendre cette distinction. La DMA ne concerne pas ce que votre entreprise doit faire ; elle concerne ce que les intermédiaires doivent désormais faire pour vous.
Définition d'un gardien numérique
La Commission européenne ne se contente pas de pointer du doigt. Pour être officiellement qualifiée de gardienne, une entreprise doit respecter une liste de contrôle quantitative stricte. Cela garantit que les règles ne s'appliquent qu'aux plateformes occupant une position véritablement significative et inébranlable sur le marché.
En général, une entreprise est admissible si elle :
- Exploite un « service de plateforme de base »—pensez aux moteurs de recherche en ligne, aux magasins d’applications, aux réseaux sociaux ou aux systèmes d’exploitation.
- A un impact majeur sur le marché intérieur de l'UE. Cela représente généralement un chiffre d'affaires annuel d'au moins 7.5 milliards € au sein de l'UE ou une capitalisation boursière de 75 milliards €.
- Agit comme une passerelle essentielle, reliant une vaste base d'utilisateurs à un grand nombre d'entreprises. Le seuil est généralement supérieur à 45 millions utilisateurs finaux actifs mensuels dans l'UE et plus 10,000 utilisateurs professionnels actifs chaque année.
Une fois cette désignation obtenue, une entreprise dispose de six mois pour se conformer à une liste précise d'obligations, un ensemble de règles à suivre et à ne pas suivre visant à créer un espace numérique plus équitable et concurrentiel. Ce volet du règlement européen sur les services numériques (DSA) et du règlement sur les marchés numériques (DMA) a pour objectif de rétablir l'équilibre.
Un nouvel ensemble de règles pour les géants de la technologie
Les obligations du DMA ne sont pas des suggestions amicales. Ce sont des exigences juridiquement contraignantes qui modifieront fondamentalement le fonctionnement des contrôleurs d'accès. Ces règles sont conçues pour éliminer les avantages indus et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises qui dépendent de ces plateformes.
L'idée principale du DMA est de faire passer le marché d'un marché régi par des règles privées imposées par un gardien à un marché régi par une concurrence loyale. Il garantit que le propriétaire de la plateforme ne puisse plus être à la fois l'arbitre et le joueur vedette d'un même match.
Les principales obligations des gardiens désignés comprennent :
- Mettre fin à l'auto-préférence : Ils ne sont plus autorisés à classer leurs produits ou services plus favorablement que ceux de leurs concurrents. Un moteur de recherche, par exemple, ne peut pas simplement placer son propre service d'achat en tête de chaque recherche pertinente.
- Autoriser l'accès aux données : Les utilisateurs professionnels (comme une petite boutique sur une grande place de marché) doivent avoir accès aux données qu'ils génèrent grâce à leurs propres activités sur la plateforme du gardien.
- Activation du chargement latéral des applications : Les gardiens des systèmes d'exploitation doivent autoriser les utilisateurs à installer des applications provenant de sources tierces et de boutiques d'applications alternatives. Cela met fin au monopole d'une place de marché unique et centralisée.
- Autorisation de dissociation des services : Ils ne peuvent pas forcer un utilisateur à se connecter ou à s’inscrire à un autre de leurs services simplement pour utiliser une plateforme principale.
- Interdire les clauses contractuelles abusives : Il est interdit aux gardiens d’empêcher les utilisateurs professionnels de proposer les mêmes produits ou services à des prix différents sur d’autres plateformes ou sur leurs propres sites Web.
Pour les petites entreprises, ces changements sont cruciaux. Des politiques plus justes sur les plateformes d'applications permettent de réduire les coûts, un meilleur accès aux données publicitaires peut conduire à un marketing plus efficace, et la fin de l'auto-préférencement permet à votre produit supérieur d'avoir de meilleures chances d'être découvert. En fin de compte, le DMA vise à vous donner les moyens de rivaliser sur un pied d'égalité.
Comment les DSA et DMA sont appliqués aux Pays-Bas

Bien que la loi sur les services numériques et la loi sur les marchés numériques soient des réglementations à l'échelle de l'UE, leur véritable efficacité réside dans leur application au niveau local. Aux Pays-Bas, l'organisme principal chargé de la mise en œuvre de ces règles est l' Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés (ACM) . L'ACM a été officiellement désignée coordinatrice nationale des services numériques, ce qui lui confère un pouvoir important en matière de contrôle de la conformité.
Il ne s'agit pas d'un simple titre. L'ACM a le pouvoir d'ouvrir des enquêtes sur les entreprises soupçonnées d'enfreindre les règles de la DSA. Si une entreprise est reconnue coupable de non-conformité, les conséquences peuvent être graves. Elle peut notamment infliger des amendes substantielles pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial.
Ce rôle de contrôle place l'ACM au cœur de l'économie numérique néerlandaise. Sa mission est de garantir que les plateformes en ligne, les services d'hébergement et les places de marché respectent les nouvelles normes de sécurité et de transparence. Ses actions influenceront directement la manière dont les entreprises doivent exercer leurs activités dans le pays.
Les priorités de l'ACM en matière d'application de la loi
L'ACM n'a pas caché ses priorités. Elle a clairement indiqué où elle concentrera son attention, ce qui fournit aux entreprises une feuille de route précieuse pour leurs propres efforts de conformité. Pour 2025, l'autorité a plusieurs priorités clés.
Tout d'abord, il s'agit de se concentrer sur les fondamentaux de la responsabilité des plateformes. L'ACM vérifiera attentivement si les plateformes en ligne ont mis en place des systèmes de signalement conviviaux et des points de contact clairs et faciles à trouver, tant pour les utilisateurs que pour les autorités. Cela rejoint l'un des objectifs principaux de la DSA : rendre les plateformes plus réactives et moins opaques.
L'ACM examine également de près les services d'hébergement web . Cela se justifie, étant donné que les Pays-Bas constituent une plaque tournante européenne majeure pour ce secteur. Les fournisseurs d'hébergement devront prouver que leurs systèmes de notification et de traitement des contenus illégaux sont à la fois robustes et efficaces.
La protection des mineurs en ligne est une priorité majeure pour l'ACM. L'autorité a annoncé une étude ciblée sur ce sujet, signalant que les plateformes ciblant un public plus jeune ou largement utilisées par lui feront l'objet d'une surveillance accrue quant à leurs mesures de sécurité.
Combler le manque de sensibilisation des entreprises
Malgré l'impact considérable de la DSA, on observe un décalage surprenant au sein du monde des affaires néerlandais. Une étude récente de l'ACM a révélé un important déficit d'information, démontrant ainsi l'ampleur des efforts de formation encore nécessaires.
Un rapport de mai 2024 a révélé que la moitié des entreprises néerlandaises utilisatrices n'avaient jamais entendu parler de la loi sur les services numériques (DSA). Seul un quart d'entre elles la connaissaient de nom. Heureusement, la situation en matière de conformité est plus encourageante, puisque les trois quarts de ces entreprises utilisatrices ont déclaré n'avoir rencontré aucun problème de non-respect des obligations de la DSA par leurs fournisseurs.
Pour combler ce manque de sensibilisation, l'ACM adopte une approche proactive. Elle développe actuellement un outil de vérification de conformité à la DSA, conçu spécifiquement pour aider les entreprises à s'orienter parmi leurs nouvelles obligations. Cet outil permettra aux entreprises d'identifier les règles qui leur sont applicables, leur offrant ainsi une voie pratique vers la conformité, adaptée à l'écosystème numérique néerlandais.
Contexte réglementaire plus large aux Pays-Bas
Il est essentiel de comprendre que l'application de la DSA par l'ACM ne se fait pas en vase clos. Elle s'inscrit dans un cadre beaucoup plus large de réglementation numérique néerlandaise. Les Pays-Bas disposent d'un système juridique solide qui couvre déjà divers aspects de l'activité en ligne, créant ainsi un environnement de conformité à plusieurs niveaux.
Cela signifie que le respect du DSA ne représente qu'une partie de la solution. Les entreprises doivent également réfléchir à l'interaction de ces nouvelles règles européennes avec les législations nationales existantes. Comprendre les exigences légales plus larges est essentiel pour une stratégie de conformité complète, comme le soulignent les efforts législatifs en cours décrits dans notre article sur le projet de loi néerlandais relatif à la cybercriminalité III.
Cette combinaison de sensibilisation proactive, de contrôle ciblé et d'un régulateur national fort démontre que les Pays-Bas sont déterminés à mettre en œuvre le nouveau règlement numérique de l'UE. Pour les entreprises opérant aux Pays-Bas, le message est clair : comprendre le rôle et les priorités de l'ACM est la première étape vers une conformité réussie et durable.
Relier les points avec d'autres lois numériques de l'UE
C'est une grave erreur de considérer la loi européenne sur les services numériques (DSA) et la loi sur les marchés numériques (DMA) comme une simple liste de contrôle à cocher pour votre entreprise. Ces lois ne fonctionnent pas dans un cadre législatif restreint. Pour toute entreprise néerlandaise, une véritable conformité implique de comprendre comment elles s'inscrivent dans un cadre beaucoup plus large de la réglementation numérique européenne : un ensemble de règles visant à créer un monde en ligne plus sûr, plus juste et plus accessible.
Cette interconnexion exige une stratégie globale. La sécurité des plateformes, au titre de la DSA, et l'équité du marché, au titre de la DMA, ne sont en réalité que deux piliers d'une structure beaucoup plus vaste. Un troisième pilier, tout aussi essentiel, est l'inclusion numérique, un principe désormais affirmé par d'autres lois clés qui accompagnent ces nouvelles lois.
L'acte législatif européen sur l'accessibilité entre en scène
L’exemple parfait de cette synergie est la loi européenne sur l’accessibilité (EAA) . Cette loi ajoute une couche de conformité essentielle, obligeant les entreprises néerlandaises à rendre leurs produits et services numériques accessibles aux personnes handicapées. Il ne s’agit pas d’une tâche distincte, mais d’une exigence parallèle qui s’inscrit pleinement dans le cadre de la réglementation numérique du DSA et du DMA.
Cette convergence crée un puissant trio d’obligations :
- DSA : Régit la manière dont vous gérez le contenu et maintenez la transparence.
- DMA : Détermine la manière dont vous êtes en concurrence avec les principales plateformes de « gardien » ou dont vous opérez sur celles-ci.
- AEA : Oblige à ce que vos services numériques soient réellement utilisables par tous.
Si vous négligez l'un de ces points, votre entreprise sera exposée. Avoir un site e-commerce transparent et correctement commercialisé est une bonne chose, mais il n'est pas conforme s'il est impossible à naviguer pour un utilisateur malvoyant.
Comment les Pays-Bas intègrent ces lois
Les Pays-Bas ont adopté une approche unique pour mettre en œuvre ces directives européennes. Au lieu de créer un nouvel organisme d'application, ils ont intégré les règles dans les lois nationales existantes, répartissant ainsi la surveillance entre différents régulateurs sectoriels. Cette approche intégrée, quoique fragmentée, témoigne de l'ancrage profond de ces principes dans le système juridique néerlandais.
Par exemple, le secteur numérique néerlandais, l'un des plus avancés d'Europe, sera soumis à des règles d'accessibilité strictes en vertu de la loi néerlandaise sur l'accessibilité (EAA) à compter du 28 juin 2025. L'ACM (Autorité néerlandaise de la concurrence et des marchés) sera chargée de veiller à leur application, notamment en garantissant l'accessibilité des plateformes et applications de commerce électronique. Parallèlement, l'accessibilité des communications électroniques relève de la loi sur les télécommunications, tandis que la conformité générale du commerce électronique est régie par le Code civil néerlandais. Ce cadre réglementaire complexe implique que les entreprises doivent se conformer à de multiples réglementations, et non pas seulement à une nouvelle loi.
Cette convergence entre responsabilité des plateformes (DSA), équité du marché (DMA) et inclusion numérique (EAA) illustre l'environnement de conformité complexe, mais crucial, auquel sont confrontées les entreprises néerlandaises. La surveillance proactive est la nouvelle norme.
Élaborer une stratégie de conformité à l'épreuve du temps
Ce réseau juridique complexe repose également sur des réglementations fondamentales telles que le RGPD. Pour toute entreprise opérant dans l'UE, la maîtrise du DSA et du DMA s'appuie souvent sur une solide connaissance du RGPD afin de garantir la conformité des sites web et la protection des données.
De plus, cette incitation à la responsabilité numérique s'étend à la cybersécurité. Des réglementations comme la directive NIS2 obligent les entreprises des secteurs critiques à renforcer considérablement leurs défenses numériques – un thème parfaitement en phase avec l'objectif de la DSA de créer un espace en ligne plus sûr. Vous pouvez anticiper ces changements en consultant notre guide sur les conseils juridiques relatifs à la directive NIS2 pour les entreprises aux Pays-Bas.
En fin de compte, une opération numérique résiliente est celle qui considère ces lois non pas comme des casse-têtes séparés, mais comme des éléments connectés d’une seule et même initiative coordonnée vers un avenir numérique plus responsable et plus équitable.
Réponses à vos questions sur le DSA et le DMA
Les nouvelles réglementations soulèvent toujours de nombreuses questions. Allons droit au but et voyons ce que le règlement européen sur les services numériques (DSA) et le règlement sur les marchés numériques (DMA) impliquent concrètement pour votre activité au quotidien.
Quelle est la principale différence pour une petite entreprise ?
Pour une petite entreprise, il est essentiel de distinguer ces deux lois. Le moyen le plus simple de les distinguer est de déterminer qui est responsable de quoi.
La DSA définit les règles que vous devez respecter sur vos plateformes. Elle concerne la gestion de votre boutique en ligne : vos politiques de modération de contenu, la procédure de signalement des contenus illégaux et la transparence de vos conditions générales d’utilisation.
La DMA (Digital Millennium Copyright Act) établit les règles que les grandes plateformes « contrôleuses » doivent respecter lorsqu'elles interagissent avec vous. Son objectif est d'instaurer une concurrence équitable, en veillant à ce que les géants comme les principales boutiques d'applications ou les moteurs de recherche ne puissent pas abuser de leur position dominante pour évincer les petites entreprises. Cette loi vous confère des droits, et non des obligations.
Ainsi, la DSA concerne vos responsabilités directes en ligne. La DMA vise à protéger vos droits lorsque vous interagissez avec les plus grands noms de la technologie.
Voyez les choses ainsi : le DSA est le code de la route de votre entreprise pour la conduite en ligne. Le DMA est là pour empêcher les plus gros camions de monopoliser injustement toutes les voies et de bloquer tout le monde.
Ces lois s’appliquent-elles si mon entreprise n’est pas située dans l’UE ?
Oui, absolument. C'est un détail crucial pour toute entreprise internationale. La portée des DSA et DMA ne dépend pas du lieu d'implantation de votre entreprise, mais de la localisation de vos utilisateurs.
Si vous proposez des produits ou des services à des personnes résidant dans un État membre de l'UE, comme les Pays-Bas, vous devez vous y conformer. Votre siège social peut être situé n'importe où dans le monde, mais si vous avez des clients européens, ces règles s'appliquent à vous.
Quelles sont les premières étapes pour devenir conforme ?
Démarrer ne doit pas être un casse-tête. Une liste de contrôle simple et concrète est le meilleur moyen de progresser réellement.
Voici vos priorités immédiates :
- Déterminez votre catégorie DSA : Tout d'abord, déterminez la place de votre entreprise. Le DSA comporte différents niveaux : êtes-vous un simple intermédiaire, un hébergeur ou une plateforme en ligne ? Vos obligations évolueront en fonction de votre classification.
- Mettez à jour vos conditions générales : Passez en revue vos conditions et décrivez clairement votre processus de modération de contenu. Expliquez les éventuelles restrictions imposées au contenu généré par les utilisateurs.
- Créer un point de contact unique : Vous devez désigner et publier un point de contact officiel unique. Ce point permettra aux autorités et aux utilisateurs de contacter l'administration pour toute question relative à la DSA.
- Examen des accords de gardien : Examinez attentivement tous les accords que vous avez conclus avec les plateformes désignées comme « contrôleurs ». Il est important de comprendre les nouveaux droits dont vous bénéficiez en vertu du DMA en matière de partage de données et de conditions de service.



