Quelle loi du travail s'applique ?
Qu’est-ce qui détermine le lieu de travail habituel ?
Le lieu de travail habituel est un critère de fait, non contractuel, et la Cour de justice de l'Union européenne l'interprète de manière extensive : il s'agit du lieu d'où le salarié accomplit effectivement l'essentiel de ses tâches, en tenant compte de l'organisation du travail, du lieu de retour du salarié après ses missions et de la provenance des outils et des instructions. Quelques points sont déterminants en pratique :- Là où le temps est réellement passé. Le pays dans lequel le salarié effectue la plupart de ses jours de travail est l'indicateur le plus pertinent.
- D'où le travail est organisé. L'endroit où l'employé se présente, reçoit des instructions et planifie son travail est important, et cela peut indiquer une direction différente de l'endroit où son ordinateur portable est ouvert.
- Durée et permanence. Un séjour de trois mois à l'étranger modifie rarement le lieu de résidence habituel ; un déménagement indéfini le fait presque toujours, et il n'y a pas de nombre de jours fixe au bout duquel cela se produit.
- Éléments de soutien. La devise et le lieu de paiement, l'inscription à la sécurité sociale, la langue du contrat et le lieu de fourniture du matériel sont des éléments corroborants plutôt que décisifs.
Quel tribunal décide ?
Le droit applicable et la juridiction compétente sont des questions distinctes, soumises à des règles distinctes, et aboutissent généralement à des réponses différentes. Au sein de l'Union européenne, la juridiction compétente en matière d'emploi est régie par l'article 5 du règlement Bruxelles I bis (règlement (UE) n° 1215/2012), notamment ses articles 20 à 23. Ce dispositif protège le salarié. Un salarié peut intenter une action contre son employeur soit dans l'État membre où ce dernier a son domicile, soit devant les juridictions du lieu où il exerce habituellement son activité professionnelle ou l'a exercée en dernier lieu. L'employeur, en revanche, ne peut intenter une action contre un salarié que devant les juridictions de l'État membre où ce dernier a son domicile. Une clause attributive de juridiction dans un contrat de travail a donc une portée limitée : elle n'est valable que si elle a été conclue après la survenance du litige ou si elle permet au salarié d'engager une procédure devant des juridictions autres que celles désignées par le règlement. Une clause exigeant que tous les litiges soient portés devant les tribunaux de l'État membre où le salarié a son domicile est également une clause attributive de juridiction. Amsterdam n'empêchera pas un employé travaillant au Portugal d'intenter une action en justice au Portugal. Notre aperçu de questions juridiques transfrontalières elle présente un panorama plus large pour les entreprises opérant dans plusieurs pays.Le fait de publier des annonces n'est pas la même chose que le télétravail.
Sécurité sociale et certificat A1
Fiscalité : identifiez les risques, puis prenez des conseils fiscaux.
La fiscalité obéit à ses propres règles et conventions fiscales, et notre cabinet ne fournit pas de conseils en la matière. Ce qu'un employeur doit savoir, c'est où se situent les risques, afin que la question pertinente soit posée au conseiller adéquat en temps voulu. Trois points méritent d'être soulignés. L'impôt sur le revenu salarial est en principe réparti par la convention de double imposition applicable, et le montant applicable diffère souvent de celui des cotisations sociales ; un salarié peut donc être assuré dans un pays et imposé dans un autre. Des obligations de retenue à la source peuvent exister dans le pays où le travail est effectué, ce qui implique une inscription au registre du personnel. Par ailleurs, un salarié travaillant à l'étranger peut constituer un établissement stable pour son employeur, exposant ainsi une partie des bénéfices de l'entreprise à l'impôt dans ce pays. Cette situation dépend de l'activité réelle du salarié, notamment de sa pratique habituelle de la conclusion de contrats et de son rôle prépondérant dans ce processus, et non de la définition même de son rôle dans le contrat. Aucune de ces questions ne peut être résolue par analogie avec la situation d'un collègue. Faites appel à un conseiller fiscal avant la mise en place du montage, car le coût de la dissolution d'un établissement stable ou d'une inscription rétroactive à la paie est bien supérieur au coût du conseil.Immigration : qui peut travailler depuis les Pays-Bas
La nationalité détermine si le travail est autorisé, et c'est la question la plus souvent négligée. Les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse peuvent vivre et travailler aux Pays-Bas sans permis. Toute autre personne doit posséder un droit de séjour et un droit de travail, deux droits distincts. En vertu de la loi néerlandaise sur l'emploi des ressortissants étrangers (Wet arbeid vreemdelingen), un employeur ne peut faire travailler un ressortissant d'un pays tiers sans permis de travail, sauf exemption. Selon la situation, il peut s'agir d'un permis unique combinant séjour et travail, d'un permis de travail distinct obtenu par l'employeur auprès de l'UWV (Office néerlandais du travail et de la naturalisation), ou d'un permis de séjour en tant que travailleur hautement qualifié, demandé par l'intermédiaire d'un organisme parrain reconnu. Deux mises en garde pratiques : premièrement, les critères de salaire pour le programme de travailleurs hautement qualifiés sont fixés chaque année par le gouvernement et publiés par le Service de l'immigration et de la naturalisation ; vérifiez les chiffres en vigueur plutôt que ceux de l'année précédente et notez qu'il s'agit du salaire brut, hors indemnités de congés payés. Deuxièmement, un séjour touristique ou bénéficiant d'une exemption de visa ne confère pas le droit de travailler. Un employé qui travaille à distance depuis un pays où il n'a pas le droit de travailler expose son employeur et lui-même à des risques. La situation inverse est également importante. Un employeur néerlandais dont un employé s'installe dans un pays tiers doit se renseigner sur les exigences d'autorisation de travail de ce pays pour le télétravail effectué pour un employeur étranger. De plus en plus d'États délivrent des permis spécifiques pour les télétravailleurs ou les nomades numériques, et leurs conditions varient considérablement. Il est donc essentiel de se renseigner avant le départ, et non après.Aux Pays-Bas, le droit au télétravail n'existe pas.
C’est le point le plus souvent mal interprété dans les documents en anglais concernant le marché néerlandais ; il convient donc d’être précis. La loi néerlandaise sur le travail au travail (Wet werken waar je wilt), qui aurait obligé les employeurs à traiter une demande relative au lieu de travail de la même manière qu’une demande relative aux horaires de travail, a été rejetée par le Sénat le 26 septembre 2023. Elle n’a pas été remplacée. C’est la loi néerlandaise sur le travail flexible (Wet flexibel werken) qui s’applique : un salarié justifiant d’au moins vingt-six semaines d’ancienneté peut demander par écrit, au moins deux mois à l’avance, une modification de ses horaires, de son temps de travail ou de son lieu de travail. Concernant les horaires, l’employeur est tenu d’accéder à la demande, sauf si un intérêt commercial ou de service sérieux s’y oppose. Concernant le lieu de travail, l’employeur doit seulement examiner la demande et en discuter avec le salarié ; il peut la refuser sans avoir à justifier d’un motif plus précis. Deux exceptions empêchent qu’il s’agisse d’un droit absolu pour l’employeur. Si l’employeur n’a pas statué un mois avant la date de début prévue, la demande est considérée comme définitive. Un employeur qui a toléré un tel arrangement pendant des années, ou qui l'a promis lors de l'entretien d'embauche, peut néanmoins être tenu par les obligations de bonne conduite de l'employeur prévues à l'article 7:611 du Code civil. Lorsque le désaccord porte sur la présence au travail plutôt que sur la loi applicable, il se déroule généralement comme un conflit du travail ordinaire : avertissement, suspension de salaire, médiation et, le cas échéant, demande de rupture du contrat pour rupture abusive du contrat de travail. Notre article sur gérer les conflits au travail dans un environnement de travail hybride Ce texte traite de cette procédure et de l'obligation de diligence qui en découle. Dans les cas transfrontaliers, la conséquence la plus importante est différente. Puisqu'il n'existe aucun droit de travailler à l'étranger, un employeur peut exiger une autorisation écrite préalable, limitée à un pays précis et à une période déterminée. Cette simple clause constitue le moyen de contrôle le plus efficace dont dispose l'employeur, car elle empêche toute modification involontaire du droit applicable, des règles de sécurité sociale et de la fiscalité.Données, sécurité et obligations liées à l'employé
Surveillance à distance
La tentation de compenser le manque de visibilité par un logiciel est forte et juridiquement coûteuse. La surveillance des employés constitue un traitement de données personnelles et requiert une base légale, en pratique un intérêt légitime dûment évalué et documenté ; le consentement de l’employé est rarement valable en raison du déséquilibre de la relation. Les employés doivent être informés au préalable, la surveillance doit être la moins intrusive possible et toute mesure systématique ou à grande échelle peut nécessiter une analyse d’impact relative à la protection des données. Aux Pays-Bas, le comité d’entreprise dispose également d’un droit de consentement, en vertu de l’article 27 de la loi sur les comités d’entreprise, pour tout dispositif visant à observer ou à contrôler la présence, le comportement ou les performances. L’introduction d’un outil sans ce consentement fournit à l’employé un argument tout trouvé en cas de litige ultérieur.Transformer cela en une politique qui tient
Une politique transfrontalière efficace est concise et répond à des questions concrètes : quels pays sont préapprouvés et pour combien de temps ? Qui statue sur une demande d’autorisation pour un nouveau pays, selon quels critères et dans quel délai ? Que faut-il prévoir avant le départ : demande de visa A1, vérification de la paie et de l’immigration, confirmation fiscale, équipement et exigences de sécurité ? Que doit déclarer l’employé en cas de changement de situation ? Et quand la politique est-elle révisée, car les traités, les seuils et les accords-cadres évoluent chaque année ? Deux pratiques garantissent la transparence de cette politique : exiger une autorisation écrite pour une durée déterminée plutôt que de l’accorder indéfiniment, et consigner les motifs de chaque exception. Un dossier attestant d’une décision réfléchie, fondée sur des preuves, distingue une politique légitime d’une politique improvisée.Foire aux questions
Les questions ci-dessous sont celles qui se posent dans presque tous les dossiers d'emploi transfrontaliers.Mon employeur peut-il m'obliger à retourner au bureau ?
La réponse à cette question dépend en réalité des termes de votre contrat de travail et de la législation locale. Aux Pays-Bas, le télétravail n'est pas un droit. La loi sur la liberté de travailler où l'on veut a été rejetée par le Sénat le 26 septembre 2023 ; par conséquent, la loi sur le travail flexible reste applicable : un salarié justifiant d'au moins vingt-six semaines d'ancienneté peut demander un changement de lieu de travail. L'employeur est tenu d'examiner sa demande et d'en discuter, mais n'a pas besoin de justifier d'un intérêt commercial sérieux pour la refuser.
Votre contrat initial constitue la base. S'il stipule clairement que votre poste est entièrement à distance et sans conditions, il devient beaucoup plus difficile pour votre employeur d'exiger légalement un retour sans votre accord. Il est toujours judicieux de lire attentivement votre contrat et, si nécessaire, de demander conseil à un juriste local.
Le cœur du problème réside souvent dans la recherche d'un équilibre entre les besoins de l'entreprise, les dispositions contractuelles et vos droits statutaires. Ce qui a été consigné par écrit au début de votre contrat de travail a une grande importance en cas de désaccord.
Qui est responsable de mes impôts si je travaille dans un autre pays ?
En règle générale, vous payez l'impôt sur le revenu dans le pays où vous exercez physiquement votre activité. Il incombe généralement à votre employeur de gérer les retenues à la source et de verser les cotisations de sécurité sociale requises dans ce pays.
Pour éviter une double imposition, les pays ont conclu des conventions fiscales bilatérales. Cependant, ces conventions peuvent être extrêmement complexes. Il est essentiel que vous et votre employeur consultiez la convention fiscale bilatérale applicable, car celle-ci détermine quel pays est habilité à imposer quelle part du revenu, et le résultat peut différer de celui des prestations sociales. Il est donc préférable de consulter un conseiller fiscal plutôt qu'un avocat.
Que se passe-t-il si mon employeur n'a pas de bureau dans mon pays ?
C'est une situation courante. Si votre employeur n'a pas d'établissement légal dans votre pays de résidence, il s'expose à d'importants risques de non-conformité. L'un des plus importants est la création involontaire d'un « établissement stable », ce qui pourrait le rendre redevable de l'impôt sur les sociétés dans votre pays. Pour éviter cela, les entreprises font souvent appel à un employeur officiel (EOR).
Considérez un employeur de référence (EOR) comme une organisation tierce qui agit en tant qu'employeur officiel et légal pour vous dans votre pays d'origine, mais pour le compte de votre entreprise. Il prend en charge toutes les formalités administratives liées à la paie, aux impôts et à la conformité. Cela permet d'organiser le travail sans créer d'entité locale, mais ce n'est pas une solution miracle. Un employeur de référence ne décide pas du droit du travail applicable et ne supprime pas à lui seul le risque de création d'un établissement stable, qui dépend de l'activité réelle du salarié dans ce pays.
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